Les merveilleux sentiers qui serpentent la montagne
Au réveil de ce lundi 11 avril nous ne sommes pas aussi reposés que
nous l'aurions souhaité. Ce n'est pas que la nuit n'a pas été
calme, je n'ai entendu aucun bruit. Mais la chaleur est quelque peu
accablante et la crainte des moustiques et bestioles de toute sorte
ont rendu notre sommeil moins profond, peu rèparateur. Nous avons
observé le village hier soir en prenant une marche. Tous, les
trottoirs, les espaces entres les maisons, sous le couvert des maisons
sur pilotis, tout absolument tout est sur le béton. Même le tour des
arbres jusqu'à l'écorse sont emprissonnés dans le béton, faut
croire qu'il y a un reseau souterrain pour les alimenter en eau. Le
même béton partout. Les colonnes de bois (lire pilotis) sont sur des
bases de béton d'au moins un mètre de haut. Le village a été
construit il y a trente ans pour acceuillir les touristes. On y sent
le factif, le dècor, le fabriqué à la Walt Disney. D'ailleurs les
"villageois" sont aussi acceuillants que des douaniers en moyen de
pression. Il manque quelquechose d'important pour que nous nous y
sentions bien. Une "Âme" et un peu plus de confort. Nous ne
prolongerons pas notre séjour dans ce "Village Quebecois d'Antan" qui
poutant est situé dans un décor drôlement plus charmant que
"Drummondville". Nous retournerons à Ha Hoi, départ prévu à 13h00.
Par ailleurs le paysage autour du village reste tout aussi fabuleux et
nous profitons de cet avant-midi pour une randonnée dans les sentiers
qui serpentent les montagnes tout autour.
Ici une briquerie où les hommes s'affairent à construire les bases du
four pendant que d'autres fabriquent les briques d'argile crue, les
transportent, les empillent. Des femmes moulent des galettes de
charbon qui serviront à alimenter les fours. Les voir malaxer le
charbon et l'eau avec leurs pieds, extraire la boue ainsi formée et la
mouler en galettes pour ensuite les déposer au sol pour le séchage à
quelquechose de poétique. Probablement moins pour elles. Puis le
sentier continue, bordé de clôture de perches, de branches, de
ronces, de roches afin de garder le troupeau à l'écart des cultures.
Pour franchir ces clôtures les paysans aménagent un genre d'échelle
triangulaire. Ils évitent ainsi de construire des portes. Un homme qui
fume une pipe à eau assis devant sa hutte m'invite à franchir cet
entrée. Je le rejoins. Au milieu de son champs il y a un objet long
suspendu. Mon imagination me fait croire que c'est un serpent
suspendu. Il faut dire que l'environnement tropical, les lianes qui
pendent des arbres, le sol rocaleux, la chaleur tout contribuent à
rendre possible la présence de serpents. Zoom sur le "dividus" comme
dirait Caude Poirier. Fausse alerte c'est une grosse et longue fèves
que cet arbre produit. Nous poursuivons notre randonnée dans ce
sentier aride. Des belles rencontres de paysans qui travaillent aux
champs, de jeunes filles qui réparent les clôtures, de vieilles dames
qui transportent de lourdes charges de bois et d'herbes dans un panier
retenu par un bandeau de tête. La dame à 66 ans. Nous la suivons
dans ce sentier qu'elle arpente pieds nus. Une pause, je l'aide à
déposer sa charge et aussi à la relever. Je profite de l'occasion
pour essayer. Au moins vingt cinq kilos, même plus. Impossible pour
moi de trouver le point d'équilibre. Je suis mieux de laisser les gens
du pays avec leur habileté. Puis c'est le retour sur nos pas, dans le
même sentier. Nous sommes comme des aventuriers de l'arche perdu. Je
m'imagine dans le rôle d'Indiana Jones. Un détour, une grosse roche,
quelques ronces, parbleu j'ai pas la berlue, une serpent d'au moins
deux mètres de long est là étendu sur la roche. À l'endroit même
où nous sommes passés il y a une heure à peine. Il n'y était pas,
nous aurions du l'écarter pour passer. Prudement, peut être plutôt
craintivement je m'approche. C'est la peau d'un serpent qui vient de
muer. Rien pour rassurer quand on sait que lorsqu'un serpent mue c'est
que sa peau est devenu trop petite pour sa taille. C'est donc dire
qu'autour de nous il y a un serpent de plus de deux mètres qui se fait
sécher au soleil après s'être débarasser de sa vieille peau. Je me
sens alors vraiment comme Indiana Jones. Je n'ai pas le goût de
soulever les roches environnantes ni de marcher à travers les ronces
pour localiser le propriétaire de cette peau. Quelques photos afin de
confondre les septiques et nous poursuivons notre chemin les yeux
grands ouverts, tous les sens aux aguets non pas sans avoir avisé la
paysanne qui habite près de là qui elle aussi n'a pas trouver la
découverte très rassurante. Pour moi tout les désagréments de la
veille sont estompés. J'ai vécu "mon expérience" de la journée. Je
suis comblé, mais une fois c'est assez. Et vous? Si l'aventure vous
intéresse!!!
À oui, finalement que toutes les surfaces où nous avons logées
soient en béton n'est peut-être pas une si mauvaise idée que çà,
surtout autour des arbres.
Robert et Pauline
Envoyé du Ipod de Pauline